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Budget 2026 : « Chaque franc public devra produire un résultat concret », affirme le ministre Isman Ibrahim Robleh

Par AAD | 13 January 2026
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Budget 2026 : « Chaque franc public devra produire un résultat concret », affirme le ministre Isman Ibrahim Robleh

Source: ADI

DJIBOUTI, 5 janvier 2026 (ADI) - Djibouti a officiellement ouvert ce lundi 5 janvier, l’exercice budgétaire 2026. Devant un parterre de journalistes, le ministre du Budget, Isman Ibrahim Robleh, a présenté un budget arrêté « en équilibre » à 172,3 milliards de francs djiboutiens, conforme à la loi de finances promulguée le 31 décembre 2025 par le président Ismaïl Omar Guelleh après son adoption par l’Assemblée nationale.

Dans un contexte international tendu, marqué par des incertitudes géopolitiques et économiques persistantes, l’exécutif revendique un cap de stabilité et de responsabilité. « Le budget est l’acte fondateur de notre avenir commun », a rappelé le ministre, en inscrivant ce cadre financier dans la trajectoire du Plan national de développement 2025-2030, pilier de la stratégie économique et sociale du pays. 

Selon le gouvernement, les fondamentaux macroéconomiques restent solides : une croissance projetée à 7,4 %, une inflation contenue autour de 1,9 %, et une trajectoire de dette jugée soutenable. Des indicateurs que le ministre a présentés comme la preuve de la « résilience » de l’économie djiboutienne et de la crédibilité de la politique budgétaire menée ces dernières années.

« Ces équilibres témoignent de la résilience de notre économie et de la crédibilité de la politique budgétaire conduite par l’Etat », a souligné le ministre.

Le cœur du budget repose sur la mobilisation accrue des ressources nationales. Les recettes courantes sont attendues à plus de 159 milliards de francs djiboutiens, en progression grâce à la modernisation des administrations fiscales et douanières, à la digitalisation des services publics et au renforcement de la lutte contre l’évasion fiscale. Sans hausse d’impôts, insiste le gouvernement. « Le choix a été fait de ne pas alourdir la pression sur les ménages et les entreprises », a souligné Isman Ibrahim Robleh.

Des mesures ciblées accompagnent cette orientation. Les douanes introduiront en 2026 des facilités spécifiques pour les petites et moyennes entreprises, ainsi qu’une exonération sur l’importation de bétail afin de soutenir la filière locale. Parallèlement, l’Etat entend mieux valoriser son patrimoine foncier et domanial, à travers une gestion plus rigoureuse et la régularisation de situations anciennes.

La rigueur, toutefois, n’est pas présentée comme une fin en soi. Le ministre a insisté sur la dimension sociale du budget 2026, qualifié de « budget au service du citoyen ». L’éducation et la santé demeurent prioritaires, tandis que de nouvelles mesures visent à favoriser linsertion professionnelle des personnes en situation de handicap, dans une logique d’équité sociale renforcée.

L’année 2026 doit aussi marquer un tournant dans la gestion des finances publiques. Une phase pilote de budgétisation par programmes sera lancée dans les ministères de l’Education et de la Santé, avant une extension progressive à l’ensemble de l’administration. L’objectif est de passer d’une logique de moyens à une culture de résultats, où « chaque franc public engagé devra produire un impact concret et mesurable ».

Un budget d’équilibre, donc. Sans effets d’annonce spectaculaires, mais avec une ligne clairement assumée. Il s’agit, pour le gouvernement, de consolider les finances publiques, de préserver la croissance et de traduire la rigueur comptable en résultats tangibles pour la population. Dans un environnement incertain, le pari est celui d’une continuité dans l’effort, au service d’une trajectoire économique maîtrisée.

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